La note bleue

La note bleue

« Je vous délivre de votre science, de vos formules, de vos lois, de cet esclavage de l’esprit, de ce déterminisme plus dur que la fatalité. Je suis le défaut dans l’armure. Je suis la lucarne dans la prison. Je suis l’erreur dans le calcul, je suis la vie. »
(Antoine de Saint Exupéry, extrait de Courrier du Sud)
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Instructions à la serveuse

Instructions à la serveuse

Ne débarrasse pas les verres et les assiettes
N’efface pas la tache sur la nappe ! il est bon que je le sache :
On a vécu avant moi dans ce monde.

J’achète des chaussures qui étaient aux pieds d’un autre homme.
Mon ami a ses pensées.
Ma bien-aimée est une femme mariée.
Ma nuit est usée par des rêves.
Des gouttes de pluie sont dessinées sur ma fenêtre.
Dans les marges de mon livre, des notes ont été écrites par des autres.
Sur les plans de la maison dans laquelle je veux vivre,
L’architecte a dessiné des étrangers devant l’entrée.
Sur mon lit il y a un oreiller avec le creux
D’une tête absente.

Aussi, ne débarrasse pas
La table.
Il est bon que je le sache :
On a vécu avant moi dans ce monde.

Yehuda Amichaï
Chère amie,

Chère amie,

« On a longtemps pensé que le propre de l’homme était le langage, le rire ou les rites funéraires, or il n’en est rien. Au bout du compte, il me semble que le propre de l’homme est sa capacité de raconter des histoires et se raconter des histoires »

Merci 🌙
Allonger les secondes

Allonger les secondes

« J’ai pris du retard dans ma journée, dans mon planning, dans mon sommeil
J’ai pris d’l’avance sur la fatigue, mais pas vraiment sur le réveil
J’ai pris une allure, une cadence, un rythme entêtant
Mais c’est vrai, j’ai pas pris l’temps depuis longtemps
J’me souviens d’ce rendez-vous pris
La promesse d’une pause, d’un répit
Du repos pour mon esprit
Comme une bulle au milieu du bruit
Au milieu de la furie
Mais quelque part un coin d’paradis
M’attendait comme une feuille blanche
Une feuille blanche
Et là, au milieu du monde
Pour que la vie réponde
On a pris le temps
Et là, au milieu du monde
Allonger les secondes … »

Grand Corps Malade
Se bâtir

Se bâtir

« Le refuge n’appartient plus
Aux seuls rescapés
De toutes les catastrophes
De la Terre
Le refuge est la maison
Que l’on bâtit soi-même
De ses propres mains
Avec des morceaux de fils
Et de branches glanées
Au hasard de la marche
Jusqu’à l’ultime escale
D’où l’on ne revient jamais indemne»

#insoutenablefrontière #TanellaBoni